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De nouvelles compétences pour garder une longueur d’avance

La 4e révolution industrielle est à nos portes et le portrait de la main-d’œuvre dans le secteur manufacturier québécois est appelé à changer radicalement. Quelles compétences feront rouler les usines de demain ?

« Cest une réalité : la délocalisation a fait perdre beaucoup d’emplois dans les entreprises manufacturières au Québec et au Canada, dit Alain Forget, vice-président Psychologie du travail chez Optimum Talent. Alors, si nous voulons développer notre secteur manufacturier, il nous faudra imaginer de nouveaux modèles d’affaires. Puisqu’il est difficile de battre la Chine sur le plan du coût de la main-d’œuvre, il nous faudra miser sur des produits à valeur ajoutée, sur l’innovation technologique. »

Par conséquent, ce virage vers des productions plus complexes et des usines à plus forte teneur technologique change forcément la donne en ce qui concerne les ressources humaines. « On aura moins besoin de métiers de base, comme des assembleurs, ajoute Alain Forget. Il nous faudra, par contre, plus de gens aux profils techniques spécialisés, pour gérer tout ce qui a trait à l’innovation… »

Avoir l’innovation tatouée sur le cœur

Alain Forget, qui conseille les entreprises sur leurs enjeux de ressources humaines depuis 35 ans, assistait à l’atelier sur les enjeux de la main-d’œuvre 4.0, organisé dans le cadre de l’événement Manufacturier innovant. Aussi, il est bien placé pour témoigner des besoins changeants de l’industrie en matière de main-d’œuvre. « Depuis quelque temps, les entreprises nous disent qu’elles cherchent des gestionnaires capables de bousculer le statu quo, dit-il. En particulier pour les profils de technologues ou d’ingénieurs, elles veulent s’assurer que ces employés ont des outils pour leur permettre de comprendre où sont les leviers d’amélioration dans leur entreprise, leurs structures de coûts, mais aussi des outils non financiers pour leur permettre de gérer l’innovation. »

Ce goût pour l’amélioration continue et cette capacité de poser un regard neuf sur les activités de l’entreprise sont désormais des incontournables dans un secteur qui doit de plus en plus se réinventer pour survivre sur l’échiquier mondial. « On a sous-investi sur le plan de l’innovation technologique, et on ne peut plus se fier seulement au taux de change pour l’éviter… », avertit Alain Forget.

Tout est numérique
La transformation numérique en cours change le monde et le secteur manufacturier n’y fait pas exception. « On ne reculera pas devant le numérique, ça ira en s’accentuant », assure Alain Forget.

Aussi, un électricien industriel désormais n’a plus à travailler aussi souvent avec des contrôles pneumatiques ou mécaniques ; l’électronique a pris toute la place. « Pour réparer une machine, il se sert aujourd’hui de son ordinateur », dit Alain Forget.

Une armée de spécialistes en génie logiciel sera donc requise pour faire rouler l’usine du futur. « Et il faudra se mettre en mode formation continue, ajoute le psychologue du travail, car le rythme de l’adoption des nouvelles technologies ne fera que s’accélérer, transformant ainsi plusieurs métiers spécialisés. »

De l’école à l’usine

Parce qu’une formation adéquate de la main-d’œuvre 4.0 représente un réel défi pour le secteur manufacturier, Alain Forget plaide pour une plus grande « agilité » de la part des institutions d’enseignement, afin qu’elles puissent s’adapter plus rapidement aux besoins en évolution constante des entreprises. « J’ai des clients qui engagent des finissants, mais qui ne peuvent les intégrer aux opérations tout de suite, parce qu’il y a un écart entre ce qu’ils ont appris à l’école et ce qui se passe sur le terrain. »

Comme plusieurs acteurs de l’industrie, il souhaiterait des maillages plus serrés entre les écoles et les entreprises, notamment en matière de R-D. « Cela s’est fait un peu plus dans le secteur pharmaceutique, explique-t-il. Or, quand nos coûts de revient sont plus élevés qu’ailleurs dans le monde, il faut mettre toutes les chances de notre côté pour innover. Nous avons au Québec d’excellents cégeps et des universités de calibre mondial, il n’y a pas de raisons qu’on ne puisse pas profiter de ces forces vives pour passer à une autre vitesse… »

Les Affaires 

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