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La pénurie de main-d’œuvre fait exploser des salaires

Des PME manufacturières à bout de souffle en raison de la pénurie vont maintenant jusqu’à gonfler les salaires de 5 % à 25 % pour attirer et retenir la main-d’œuvre dans leurs usines.

« Les postes les plus difficiles à pourvoir sont ceux d’ingénieurs. On peut prendre quatre mois pour y arriver. Ça fait une surenchère de salaires. Ces cinq derniers mois, on a parfois dû donner un montant de 20 000 $ de plus pour des postes clés », partage Michel Farley, président fondateur du fabricant de produits électroniques Varitron, à Saint-Hubert.

Résultat, un ingénieur avec un salaire de 80 000 $ par année peut facilement coûter 100 000 $, soit 25 % de plus qu’en temps normal, du jamais vu pour Michel Farley, qui a fondé Varitron il y a 29 ans.

Ingénierie, service à la clientèle, opérateurs de machines fixes… il n’est pas rare de devoir faire exploser le salaire de ces travailleurs, selon Jérôme Côté, associé, rémunération & performance de la firme Normandin Beaudry.

« Il y en a qui sont obligés d’augmenter les salaires de 5 % à 10 % dans une même année », dit-il. On est bien loin du 2,7 % d’augmentation salariale annuelle tous secteurs confondus au Québec, ajoute M. Côté.

Pour Jérôme Côté, la surchauffe actuelle est sans précédent. « Ça fait 25 ans que je fais ça, et c’est pas mal ce que j’ai vu de plus intense », laisse-t-il tomber.

Pour sa part, l’associé en ressources humaines, David Lampron, de L’Équipe Humania, note que l’escalade des salaires a ses limites chez les plus petites PME.

« Je vois des entreprises qui préfèrent ne pas embarquer dans la surenchère et offrir des avantages sociaux pour mettre un frein à ça. Ce qui est en vogue, c’est la flexibilité », explique M. Lampron.

Urgence

Entre-temps, malgré son chiffre d’affaires de 100 millions $, la Québécoise Varitron doit agir vite parce qu’elle se bat avec la Chine et le Mexique.

Au siège social et à l’usine de Saint-Hubert, plus de 20 travailleurs sur 250 manquent à l’appel, soit 8 % de l’effectif.

« L’an dernier, à Granby, c’était la pire place. On cherchait 25 personnes sur 80 en permanence. Il y avait surenchère de 10 $ l’heure pour des postes d’entrée. C’était critique », se souvient-il.

Une réalité que connaît bien le PDG de Sous-Traitance industrielle Québec (STIQ), Richard Blanchet.

« À elles seules, les 500 entreprises interrogées par STIQ dans le cadre du Baromètre auront 4000 postes à combler en 2019 », conclut-il.

LE SECTEUR MANUFACTURIER AU QUÉBEC

  • Établissements : 13 180
  • Salariés : 433 000

Postes à pourvoir en 2019 (En moyenne, par entreprise)

  • 10 à 19 employés : 3,3
  • 20 à 49 employés : 5,1
  • 50 à 99 employés : 10
  • 100 à 500 employés : 18,1
  • Moyenne cumulative: 7,9

Problèmes en ressources humaines

  • 1- Recrutement : 83 %
  • 2- Rétention : 56 %
  • 3- Relève : 76 %

Source : Sous-Traitance industrielle Québec [STIQ])

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