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L’automobile soulagée après le nouvel accord de libre-échange nord-américain

Article signée AFP dans les Affaires 

Les constructeurs et équipementiers automobiles nord-américains ont poussé un ouf de soulagement lundi à l’annonce de l’accord commercial USA-Canada-Mexique, qui ôte bien des incertitudes suscitées par Donald Trump, bien qu’il soit difficile d’en prévoir les effets.

L’un des volets les plus importants du nouveau texte, conclu in extremis dimanche soir, concerne le secteur automobile. L’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), qui remplace l’Aléna, prévoit des règles incitant à se fournir en matériaux et composants aux États-Unis et en Amérique du Nord.

«Au moins maintenant, on sait. Le secteur était en perpétuelle expectative depuis 18 mois», estime Charlie Chesbrough, économiste au sein du cabinet Cox Automotive.

Les entreprises automobiles vont «au moins être en mesure de décider sur des stratégies de long terme concernant les pièces», ajoute-t-il.

Le président Trump avait forcé ses partenaires à la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain de 1994 (Aléna), qu’il jugeait désastreux pour l’économie américaine. L’automobile était selon lui l’un des secteurs touchés par les pertes de « millions » d’emplois pour l’industrie américaine.

Sans nouvel accord, et compte tenu des propos du président américain depuis sont arrivée à la Maison Blanche, les entreprises américaines risquaient de devoir fermer des usines au Mexique.

L’Alliance des constructeurs automobiles américains a salué l’accord continental, jugeant l’inclusion du Canada «un développement encourageant», et ajoutant que les trois pays étaient nécessaires pour «mener à bien les objectifs» du nouvel accord.

Signe de ce soulagement, les constructeurs ont fini la séance en hausse à Wall Street, Ford prenant 0,76%, General Motors 1,57% et Fiat Chrysler 2,74%. L’équipementier américain Lear a aussi progressé de 2,67% et le canadien Magna International de plus de 3%.

Quels effets ?

Mais dans quelle mesure le nouvel accord va-t-il conduire à une plus grande régionalisation du secteur, ou aider les constructeurs américains?

«Nous allons fabriquer beaucoup plus de voitures et nos entreprises ne vont pas quitter les États-Unis ou mettre leurs ouvriers à la porte», s’est vanté le président américain lundi.

Le nouveau texte exige que 75% des pièces soient fabriquées en Amérique du Nord, contre 62,5% jusque-là. Les pays signataires doivent aussi faire en sorte que 40 à 45% des pièces soient fabriquées par des ouvriers gagnant au moins 16 dollars de l’heure, une mesure destinée à freiner les pertes d’emplois américains vers le Mexique.

Le système des règles d’origine (celles qui déterminent de quel pays vient un produit) évolue peu concernant l’automobile. Au total, 2,6 millions de véhicules assemblés au Canada sont exemptés de douanes américaines.

En revanche, l’accord maintient les droits de douane punitifs sur l’acier et l’aluminium imposés par l’administration américaine. Le sujet fait l’objet de négociations séparées.

Garrett Nelson, analyste chez CFRA Research, estime que l’accord lève une épée de Damoclès pour le secteur, même si ces taxes sur l’acier et l’aluminium pèsent toujours. D’ici à son entrée en vigueur en 2020, il pourrait rebattre les cartes.

«On va assister à davantage de régionalisation de la production de pièces», dit-il. «On va voir davantage de production rester en Amérique du Nord qu’auparavant et moins provenir de Chine». Ces changements vont toutefois «probablement créer des problèmes d’approvisionnement à court terme», selon lui.

Charlie Chesbrough a du mal à imaginer une transformation radicale du secteur. Si la région, et notamment les États-Unis, devraient produire davantage qu’avant, ce devrait être selon lui dans des proportions modérées. D’autant que certaines entreprises préfèreront payer des taxes plutôt que de respecter l’accord.

Le Mexique ne devrait pas perdre beaucoup d’emplois dans l’automobile, ajoute l’expert, en raison notamment de ses nombreux accords commerciaux avec d’autres pays que les États-Unis.

Mary Lovely, économiste de l’Unversité de Syracuse (nord-est des États-Unis) se demande si ces mesures permettront vraiment d’atteindre les objectifs de M. Trump. «Difficile de savoir maintenant si cela va augmenter la production réalisée aux États-Unis ou si cela va augmenter le nombre d’employés payés 16 dollars de l’heure», explique-t-elle.

«Clairement, cela augmente les coûts dans le secteur» et donc potentiellement les prix, soulève-t-elle.

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