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Québec appelé à contrer la pénurie de main-d’oeuvre

Nathalie Côté ( La Presse+) rencontre Martine Hébert, VP, FCEI

Au Québec, trois entreprises sur quatre comptent dix employés et moins. Quelles devraient être les priorités du nouveau gouvernement pour faciliter la croissance des PME ? La Presse en a discuté avec Martine Hébert, vice-présidente principale et porte-parole nationale à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

QUELLE DEVRAIT ÊTRE LA PLUS GRANDE PRIORITÉ DU PROCHAIN GOUVERNEMENT POUR AIDER LES PME ?

La main-d’œuvre. Actuellement, il y a 110 000 postes à pourvoir dans les entreprises. Cela empêche les PME de croître et de fonctionner. Les conséquences sont très concrètes. À l’heure actuelle, des manufacturiers doivent refuser de nouveaux contrats ou doivent retarder des projets d’expansion parce qu’ils n’ont pas la main-d’œuvre suffisante.

QUELLES SOLUTIONS DEVRAIENT ÊTRE MISES EN PLACE POUR AMÉLIORER LE PROBLÈME DE MAIN-D’ŒUVRE ?

Nous avons notamment besoin de mieux sélectionner les immigrants. Actuellement, les travailleurs que nous recevons sont assez scolarisés et qualifiés. Or, ce dont ont besoin nos entreprises dans les régions, c’est tout le contraire. Elles ont besoin de manœuvres, de journaliers et des gens de formation professionnelle et technique.

Ensuite, il faut continuer d’offrir des incitatifs fiscaux afin que les travailleurs d’expérience restent en poste le plus longtemps possible. Il faut également de l’aide aux entreprises pour favoriser l’automatisation.

Finalement, il faut regarder du côté de la formation de la main-d’œuvre. Il faut valoriser davantage la formation professionnelle et technique, parce qu’on a quand même un certain bassin de décrocheurs. Quand on détecte leur potentiel, il faudrait peut-être être plus prompts à diriger ces jeunes-là vers les métiers professionnels et techniques. Ce sont quand même de bons emplois.

QUELS SONT LES AUTRES ENJEUX DONT LE GOUVERNEMENT DEVRAIT S’OCCUPER ?

Il y a la compétitivité des entreprises. Elle repose notamment sur l’environnement fiscal. Au Québec, des baisses de la taxe sur la masse salariale ont été annoncées, mais les contributions des employeurs vont demeurer plus élevées que dans le reste du Canada. Le prochain gouvernement devrait alléger la fiscalité des entreprises, d’autant plus que nos voisins du Sud ont donné un sérieux coup de barre.

Il y a aussi l’environnement réglementaire. Il comporte des coûts pour les entreprises et mine leur capacité à s’adapter. Il faudrait alléger la réglementation ou, à tout le moins, avoir une réglementation plus intelligente. Par exemple, on devrait réglementer seulement quand c’est nécessaire. Souvent, des mesures incitatives sont tout aussi efficaces.

EST-CE QU’IL Y A DES POINTS FORTS QUE LE GOUVERNEMENT POURRAIT CONTINUER D’AMÉLIORER ?

Le Québec donne beaucoup d’aide aux entreprises, mais c’est souvent de l’aide ciblée. La tendance est de créer de nouveaux programmes. Il faudrait peut-être avoir moins d’aide ciblée au profit d’une fiscalité plus avantageuse pour tout le monde. Il faut faire le ménage dans l’aide aux entreprises.

Des mesures comme l’amortissement accéléré sont beaucoup plus accessibles aux entreprises que de faire une demande de subvention, par exemple. Ça demande presque un doctorat en paperasserie gouvernementale pour les remplir !

source: Nathalie Côté La presse+ (Entrevue avec Martine Hébert, VP FCEI)

Photo Pénurie de main-d’oeuvre ( Radio-Canada) 

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