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Tarifs sur l’acier et l’aluminium: une fenêtre pour dénouer l’impasse

Depuis le mois de juin, le Canada et le Mexique sont frappés par des droits d’importation de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium décrétés par l’administration Trump.  PHOTO VINCENT KESSLER, REUTERS

source: Julien Arsenault- La Presse Canadienne- Boucherville 

Après la conclusion d’une entente pour l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), la «logique économique» suggère qu’une fenêtre pourrait s’ouvrir pour faire disparaître les tarifs américains sur l’aluminium et l’acier canadiens, croit Raymond Bachand, le négociateur pour le Québec dans la négociation du traité tripartite de libre-échange.

À l’occasion d’une présentation dans le cadre des États généraux de la métallurgie, jeudi, à Boucherville, en banlieue sud de Montréal, M. Bachand a estimé que la pression devrait continuer de monter au sud de la frontière au cours des prochaines semaines.

«Il faut juste qu’ils [les Américains] trouvent la façon de prendre une bonne décision pour les États-Unis en enlevant ces tarifs-là pour le Canada et le Mexique», a-t-il affirmé, en réponse à une question d’un participant dans le cadre de sa présentation.

Depuis maintenant près de quatre mois, Ottawa et Mexico sont frappés par des droits d’importation de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium décrétés par l’administration Trump. Ottawa avait répliqué en juillet avec des mesures de rétorsion.

Cette semaine, certains acteurs du secteur de la métallurgie ont exprimé leur déception de constater que la question des tarifs n’avait pas été réglée dans le cadre des négociations de l’AEUMC.

Au cours de son échange avec le parterre de gens de l’industrie, M. Bachand a rappelé que de nombreux manufacturiers américains, qui ont besoin d’aluminium et d’acier, «souffrent» en raison des mesures punitives qui font grimper le coût de leurs produits. Des brasseurs et des producteurs de boissons gazeuses tels que Coca-Cola ont déjà exprimé des doléances sur le sujet.

Néanmoins, l’ex-ministre québécois des Finances a admis que la situation pouvait être compliquée, affirmant, dans son analyse, que les négociateurs américains n’avaient «pas de mandat».

«Tu discutes avec des gens dont le mandat est incertain et qui ont de la difficulté à s’avancer sur des sujets, parce qu’ils ne savent pas ce que le président [Donald Trump] pense», a-t-il dit, en réponse à une question de la salle.

Pendant un bref entretien en marge de sa présentation, M. Bachand, qui s’est montré très prudent dans ses commentaires, a indiqué que la logique ne prévalait pas toujours, estimant néanmoins qu’il y avait des «fenêtres» pour tenter de dénouer l’impasse.

Le négociateur du Québec a entre autres fait référence aux élections de mi-mandat aux États-Unis prévues au le 6 novembre et à l’échéancier de la fin du même mois pour signer l’AEUMC.

«Il y a des fenêtres pour essayer de régler cela intelligemment pour tout le monde», a estimé M. Bachand.

Malgré les tarifs douaniers décrétés par Washington, le gouvernement québécois n’a pas été enseveli sous une avalanche de demandes d’aide. À la fin septembre, seulement deux demandes étaient en cours d’analyse chez Investissement Québec, d’après les données gouvernementales.

Québec avait annoncé en juin une enveloppe de 100 millions $ en prêts et garanties de prêts – par l’entremise du programme Essor – afin d’épauler les petites et moyennes entreprises affectées par cette salve commerciale de l’administration Trump. Plus de 1400 entreprises oeuvrent dans le domaine de la transformation de l’aluminium dans la province. Elles génèrent une partie des 10 000 emplois directs et 20 000 autres postes indirects rattachés à l’industrie du métal gris.

Julien Arsenault- La Presse Canadienne 

 

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