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Trump n’inquiète pas les industriels estriens… pour l’instant

SHERBROOKE —La Tribune Alain Goupil

« À partir de maintenant, ce sera les ÉtatsUnis d’abord! » C’était le 20 janvier 2017. Sitôt assermenté en tant que 45e président des États-Unis, Donald Trump s’était empressé de répéter ce qu’il avait claironné tout au long de sa campagne, soit de redonner à l’Amérique son lustre perdu. Peu importe les moyens et la façon d’y parvenir… Presque un an après cet engagement, comment les entreprises estriennes exportatrices se sont-elles ajustées face aux visées protectionnistes du nouveau président? Outre son obsession pour l’économie, l’arrivée de Trump à la Maison-Blanche a-t-elle eu un impact significatif dans le quotidien des citoyens vivant le long de la frontière?

Alain Ouzilleau, président et chef de la direction de Groupe Cabico, admet se tenir à l’affût des pourparlers entourant le libre-échange avec les états-Unis et des tentations que pourrait avoir le président Donald Trump d’imposer des mesures tarifaires sur les produits que fabrique Cabico.

Plusieurs entreprises manufacturières estriennes sont installées le long de la frontière canado-américaine. Les Cabico, Tafisa, Bestar et Masonite comptent elles seules plus d’un millier de travailleurs dans leurs usines situées à quelques kilomètres du Maine, du New Hampshire et du Vermont.

Parmi ces entreprises, Groupe Cabico fabrique des armoires haut de gamme sur mesure destinées principalement au marché américain. L’entreprise possède deux usines à Coaticook, où elle emploie 325 travailleurs et trois autres à St.Catherines, en Ontario, où là aussi elle compte 325 employés.

Son président et directeur des opérations, Alain Ouzilleau, affirme que l’élection de Donald Trump n’a rien changé aux opérations quotidiennes de son entreprise. Du moins jusqu’à présent.

« Comme les États-Unis représentent les deux tiers de nos ventes, je ne vous cacherai pas qu’on se tient à l’affût de tout ce qui se dit, s’écrit ou se négocie sur d’éventuelles barrières tarifaires », précise le patron de Cabico, dont le chiffre d’affaires de 100 M$ montre une croissance moyenne de 10 % par année depuis quatre ans. « S’il fallait qu’il (Trump) décide, de façon unilatérale, d’imposer des barrières tarifaires sur les produits qu’on vend, cela aurait certainement un impact… », ajoute M. Ouzilleau, qui n’écarte pas la possibilité pour Cabico d’acquérir une usine aux États-Unis, au cours de l’année 2018. « Nous avons une stratégie sur le marché américain en fonction d’éventuelles mesures protectionnistes », dit-il.

D’autres entreprises exportatrices estriennes n’ont pas hésité à moderniser leurs moyens de production et ce, à quelques mois de l’élection présidentielle.

C’est le cas de Tafisa, l’un des plus importants employeurs de LacMégantic (330 employés), qui a investi 15 M$ en 2016 dans l’implantation d’une nouvelle ligne de fabrication de panneaux de particules de bois.

Même ambition du côté de la division IMM de Masonite de LacMégantic (450 employés) qui, en août dernier, inaugurait un investissement de 10 M$ dans la construction de deux lignes de pressage de contreplaqué.

 

À propos Bianca Battistini

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