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Verbom produit depuis 2016 l’essentiel de l’arrière de la carrosserie du Model X de Tesla. #Aluminium


Revue de presse- 26 mars  ETIENNE PLAMONDON EMOND  Collaboration spéciale  La Presse

Aluminium

L’innovation au temps de la guerre tarifaire

Verbom produit depuis 2016 l’essentiel de l’arrière de la carrosserie du Model X de Tesla.

PHOTO VERBOM

Malgré la guerre tarifaire entre les États-Unis et le Canada, de nouveaux débouchés semblent s’ouvrir pour l’aluminium, et les PME québécoises innovent pour saisir ces occasions. Les tensions commerciales pourraient-elles les mettre en péril ?

Depuis février dernier, Verbom, une entreprise spécialisée dans la transformation du métal en feuille, a démarré partiellement les activités de sa troisième et nouvelle usine. Construite dans le parc industriel de Sherbrooke, elle devrait être entièrement opérationnelle d’ici à la fin de l’année et accueillir le procédé de thermoformage de l’aluminium, qui a propulsé la croissance de la PME dans les dernières années.

Verbom, une entreprise spécialisée dans la transformation du métal en feuille, a démarré partiellement les activités de sa troisième et nouvelle usine dans le parc industriel de Sherbrooke.

PHOTO VERBOM

En 2014, Tesla l’avait contactée en raison de sa technologie, qui permettait de créer des formes variées et complexes de carrosserie en aluminium, mais pas assez vite à son goût. Le constructeur automobile californien et la PME estrienne ont donc conçu ensemble un procédé de mise en forme de feuille d’aluminium à haute température plus rapide. Avec celui-ci, Verbom produit depuis 2016 l’essentiel de l’arrière de la carrosserie du Model X de Tesla.

« D’avoir été innovant comme ça avec l’aluminium nous a permis une expansion rapide », observe Nicolas Bombardier, directeur Recherche et Développement chez Verbom. La PME québécoise a doublé son chiffre d’affaires en cinq ans et poursuit des démarches avec d’autres équipementiers automobiles.

Transport et plus encore

« Une des tendances intéressantes, c’est l’allégement et l’électrification des transports, car ils sont intimement liés », soulève Gilles Déry, président-directeur général du Centre québécois de recherche et développement de l’aluminium (CQRDA). Moins lourd que l’acier, l’aluminium permet à une carrosserie de compenser la masse d’une batterie et aide un véhicule à consommer moins d’énergie pour se déplacer.

« L’application de l’aluminium est en croissance dans tous les segments de la nouvelle économie », observe de son côté Marie Lapointe, présidente-directrice générale d’AluQuébec. Cette grappe a mis sur pied un chantier sur le matériel de transport, mais aussi sur les bâtiments et les constructions durables, où se dessinent plusieurs débouchés.

La Stratégie québécoise de développement de l’aluminium, lancée en 2015, vise à doubler la transformation d’aluminium pour porter la valeur de la livraison annuelle à plus de 10 milliards de dollars d’ici 2025. Le CQRDA, désigné pour faire le lien entre les différentes entreprises et les centres de recherche, signale depuis des investissements de plus de 17 millions en recherche collaborative.

« Je n’arrête pas de découvrir des applications potentielles de l’aluminium tous les jours et je pense que c’est là-dessus qu’il faut travailler. En amont comme en aval, toute la chaîne de valeur doit être mise à contribution et travailler dans le même sens. »

– Gilles Déry, président-directeur général du Centre québécois de recherche et développement de l’aluminium (CQRDA)

Les démarches du CQRDAont déjà mené au développement de 46 technologies, solutions ou pratiques innovantes, ainsi qu’à 18 brevets.

Nuages tarifaires

Mais en juin 2018, les États-Unis ont imposé des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. Selon un sondage mené par E&B Data en août, plus de la moitié des entreprises québécoises dans la transformation de l’aluminium prévoyaient des répercussions négatives sur l’emploi, les flux de trésorerie, voire la viabilité de leurs activités.

Les exportations de Verbom n’ont pas souffert de la mesure américaine. En revanche, la riposte du gouvernement canadien par des tarifs similaires a touché l’entreprise. Pour les moules servant à la fabrication de ses pièces, la PME importe de l’acier des États-Unis, sur lequel elle doit désormais payer une surtaxe. « C’est une situation qu’on surveille de près », admet Nicolas Bombardier.

Marie Lapointe souligne que l’enjeu concerne davantage le flux de trésorerie, les PME du secteur au Québec étant à ses yeux déjà innovantes. Selon le sondage du Baromètre de la transformation de l’aluminium 2017 mené par l’association d’entreprises STIQ, 75 % des entreprises répondantes avaient implanté de nouvelles méthodes d’organisation des opérations, 72 % avaient développé ou amélioré des procédés de fabrication et 71 % avaient créé ou perfectionné des produits dans les trois années précédentes. Elle admet néanmoins que la situation force les entreprises à revoir leurs processus internes, à lancer des projets d’usine 4.0, à envisager de nouveaux produits et à diversifier leurs marchés d’exportation.

Le chiffre du jour : 26 millions

C’est la part de l’enveloppe de 100 millions de dollars du programme Croissance économique régionale par l’innovation (CERI), dévoilée le 11 mars par le gouvernement du Canada, qui sera réservée à des projets liés à l’adoption de technologies par des PME québécoises utilisatrices d’acier et d’aluminium.

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