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Intelligence artificielle: réponse «très forte» des investisseurs

Le plan de match de la future grappe industrielle est que les entreprises québécoises comme Element AI conçoivent des technologies en intelligence artificielle et en gardent la propriété plutôt que de la vendre aux géants américains.

PHOTO FOURNIE PAR ELEMENT AI

Pierre Boivin savait que l’intelligence artificielle était une industrie d’avenir. Mais le coprésident du comité d’orientation pour la création d’une grappe industrielle en intelligence artificielle a été surpris par l’enthousiasme du secteur privé à Montréal.

Le président et chef de la direction de Claridge doit trouver 50 millions de dollars de fonds privés d’ici l’automne pour investir dans la nouvelle grappe industrielle québécoise en intelligence artificielle. «La réponse a été très, très forte et très positive. Je n’ai aucun doute qu’on va lever les 50 millions, on va même les dépasser largement. […] Il n’y a aucun doute que l’enthousiasme est là», dit Pierre Boivin, qui a été nommé coprésident du comité d’orientation du gouvernement du Québec, le printemps dernier, avec le recteur de l’Université de Montréal Guy Breton.

Au Québec, le gouvernement Couillard investira 100 millions sur 5 ans dans la nouvelle grappe en intelligence artificielle. Après avoir investi 40 millions dans son dernier budget, Ottawa pourrait en mettre beaucoup plus sur la table. Le mois dernier, le laboratoire MILA – un labo d’intelligence artificielle conjoint avec des chercheurs de l’Université McGill et de l’Université de Montréal – a demandé au gouvernement fédéral 50 millions parmi les 950 disponibles dans la nouvelle politique d’innovation du gouvernement Trudeau.

Or, pour bénéficier de ces nouveaux fonds fédéraux, les laboratoires doivent trouver l’équivalent en fonds privés. C’est la mission de Pierre Boivin, connu du grand public pour ses 12 ans à la tête du Canadien de Montréal, mais aussi l’une des personnes les mieux branchées au sein de Québec inc.

«L’enthousiasme est à tous les niveaux : les grandes entreprises, les PME. Il est aussi dans tous les secteurs : la santé, l’aérospatiale, le commerce électronique. L’intelligence artificielle est une nouvelle science qui va affecter toutes les industries», dit M. Boivin.

En parallèle aux efforts du comité que président MM. Boivin et Breton, l’entreprise montréalaise Element AI, cofondée par le chercheur de renommée mondiale Yoshua Bengio (Université de Montréal), a conclu en juin dernier un financement de 136 millions auprès d’investisseurs privés.

Montréal contre Silicon Valley

La mission du comité : créer une industrie de l’intelligence artificielle au Québec assez forte pour concurrencer Silicon Valley – ou, du moins, qui ne se fera pas avaler par les capitaux américains.

«Effectivement, il y a raison de croire qu’on peut être un joueur aussi important qu’eux, et pas dépendant d’eux, dit Pierre Boivin. Il faut que le Canada soit un exportateur net d’intelligence artificielle, il faut capitaliser sur nos forces, développer un écosystème complet et robuste, jusqu’à la commercialisation. On n’a pas les moyens des Américains ou des Chinois, mais il faut en avoir assez.»

Le plan de match de la future grappe industrielle est que les entreprises québécoises comme Element AI conçoivent des technologies en intelligence artificielle et en gardent la propriété plutôt que de la vendre aux géants américains. «Il faut innover et avoir la chaîne de financement pour protéger nos innovations», dit Pierre Boivin, qui s’attend à la mise en place de fonds de capital de risque en intelligence artificielle au Québec «dans la prochaine année».

Un écosystème, un édifice

La future grappe en intelligence artificielle souhaite notamment regrouper chercheurs universitaires, ingénieurs en recherche appliquée et entreprises dans le même édifice à Montréal. «Le défi, c’est de créer un écosystème intégré. On a souvent entendu qu’on fait beaucoup de recherche, on enregistre les brevets, on vend des brevets. […] Nous voulons un institut de classe mondiale où tout sera dans un même lieu, où les gens échangeront des idées à longueur de journée», dit Pierre Boivin, qui souligne les bénéfices des investissements universitaires des deux dernières décennies en intelligence artificielle à Montréal.

Pierre Boivin est conscient de l’aspect unique de sa mission. «Si on joue bien nos cartes, si on investit bien et rapidement pour conserver et consolider notre leadership, on peut créer une industrie très importante basée ici au Canada, avec un pôle d’excellence très fort sur Montréal», dit-il.

Un scénario qui lui rappelle une autre grappe industrielle, celle-là dans les années 80 : l’aérospatiale. «On avait créé une industrie de toutes pièces, dit-il. Je ne me souviens pas de la dernière fois que Montréal avait une telle notoriété et capacité d’être un gros joueur dans un secteur d’avenir.»

source: LA PRESSE 

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