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Notre défi collectif; favoriser l’émergence d’une société d’innovation

par: 

Présidente de Amplio Strategies inc. et d’illuxi.
GESTION HEC MONTRÉAL

J’ai récemment assisté à une allocution fort pertinente du Dr Miguel Aubouy, conseiller innovations collaboratives de l’Université de Sherbrooke. Il nous a fait prendre conscience de la transformation importante que nous devons mettre en place comme individus, équipes, organisations et société. Il nous faut passer d’une société qui a valorisé depuis l’ère du taylorisme le « faire » c’est-à-dire la production, vers une société qui encourage l’innovation, la vraie, celle qui va au-delà de l’amélioration continue.

Société de production versus société d’innovation

Dans une société de production, on cherche constamment à avoir LA bonne idée. Celle que l’on va peaufiner, que l’on va perfectionner quasi en secret pour éventuellement déposer un brevet afin qu’elle ne se fasse par subtiliser  par un compétiteur.

La société d’innovation, quant à elle, cherche à poser les bonnes questions en collaboration sous la forme de communautés d’innovations ouvertes.  Le marché étant mondial, il est préférable d’avoir 5% d’une entreprise de 20M que 100% d’une entreprise 1M. C’est la rapidité avec laquelle on répondra aux besoins du marché (le fameux « time to market ») qui devient le principal indicateur de succès.

Pensez à AirBnB. À ce jour, ils n’ont toujours pas breveté leur concept. Pourtant, selon Forbes, la valorisation se chiffre à plus de 40 milliards de dollars américains.

General Motors, qui fut l’un des plus importants manufacturiers de véhicule des 100 dernières années entre 1908 et 2009, a été incapable de se réinventer. C’est le gouvernement américain qui a sorti GM de la faillite. Aujourd’hui, General Motors Company agit complètement différemment pour pallier les erreurs du passé qui furent de:

– Négliger l’innovation de ses produits,

– Ne pas s’être adapté aux nouveaux besoins des consommateurs,

– Ne pas investir dans les technologies.

La distinction entre l’amélioration continue et l’innovation

Pour réaliser cette importante transformation à l’échelle de la société, il est essentiel de bien comprendre la distinction entre l’amélioration continue et l’innovation. Patrick Messier, en entrevue à l’émission Planète business au FM 103,3 explique de façon claire la différence entre ces deux concepts qui peuvent porter à confusion.

  • « Robotiser ou automatiser une usine ce n’est pas de l’innovation. » C’est plutôt de l’amélioration continue.
  • « La recherche et développement n’est pas nécessairement de l’innovation. »
  • « Ce n’est pas parce qu’on ajoute de la technologie à nos processus d’affaires que l’on a innové. » Généralement, il s’agit d’améliorer ce qui se fait déjà pour être plus efficace et efficient.
  • « L’innovation quant à elle répond à un besoin existant qui n’existait pas avant. C’est la solution qui répond au besoin qui est innovante. »
  • « L’innovation n’est pas nécessairement technologique. »
  • « Il est possible d’innover dans la façon d’offrir un service. »

S’inspirer des startups

 

De plus en plus de grandes entreprises créent des partenariats avec des startups dans le but de mieux appréhender l’agilité et le dynamisme qui les caractérisent d’une part pour ensuite pouvoir les implanter dans leurs plus grandes structures administratives.

L’objectif est d’identifier où et comment créer une culture d’innovation qui implique un tout autre profil de compétence de la part des dirigeants, des gestionnaires, des professionnels et des employés syndiqués et non syndiqués. Pour certaines grandes entreprises, les startups partenaires deviennent ainsi un incubateur de projets pilotes.

C’est le sentiment d’urgence qui pousse la startups à être agile et à l’écoute des besoins des consommateurs. Sans quoi, la startup  n’a pas suffisamment de moyens financiers pour survivre très longtemps.

De plus, les startups embauchent des collaborateurs qui possèdent les compétences types de la société d’innovation. Voici à cet égard un extrait du rapport sommaire publié à la fin 2018 par Microsoft, Les finissants de 2030 et l’enseignement adapté à la vie : l’impératif technologique :

« Les avancées technologiques entraîneront des perturbations majeures sur la main-d’œuvre, car l’automatisation pourrait remplacer jusqu’à 50 % des emplois existants aux États-Unis uniquement. Les professions associées à des niveaux d’instruction moindres vont chuter de près de 11,5 millions d’emplois aux États-Unis d’ici 2030. Parallèlement, les professions qui connaissent la croissance la plus rapide nécessiteront des aptitudes cognitives de plus haut niveau dans certains domaines, tels que la résolution de problèmes, la pensée critique et la créativité́. De plus, 30 à 40 % des emplois nécessiteront des compétences sociales et émotionnelles.»

Réfléchir et agir comme si l’entreprise était à vous

Une autre façon de développer les compétences associées à une société d’innovation est de se mettre dans la posture de l’entrepreneur, de l’investisseur ou du conseil d’administration.

La question la plus simple et la plus puissante à se poser plusieurs fois par jour est : « si c’était mon argent, que vais-je prioriser et pourquoi ? » Pour avoir travaillé autant dans la très grande entreprise publique que dans la PME et étant maintenant propriétaire d’une startup technologique, je me permets d’affirmer que très souvent, plus l’entreprise grossit, plus il est facile de perdre notre vigilance sur l’impact et la perspective des coûts, du temps de réaction et sur les opportunités qu’offrent le marché. C’est pourtant cette façon de réfléchir et d’agir qui est à la base de ce qui crée de l’innovation.

 

Présidente de Amplio Strategies inc. et d’illuxi.
GESTION HEC MONTRÉAL

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