mercredi , novembre 21 2018
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Une nouvelle famille de trois-roues chez Can-Am

UNE NOUVELLE FAMILLE DE TROIS-ROUES CHEZ CAN-AM

Los Angeles, Californie — Une décennie après la présentation de son premier Spyder, la marque québécoise Can-Am réaffirme son engagement dans les véhicules à trois roues en lançant une toute nouvelle famille de bolides appelés Ryker.

Un besoin établi

En 10 ans, Can-Am, filiale de Bombardier produits récréatifs (BRP), a établi qu’il existait bel et bien une demande pour un véhicule routier chevauché à deux roues avant et une arrière dont le but est de rendre « la moto » accessible à tous. Si la démonstration de ce besoin est faite par les « plus de 100 000 » Spyder que le constructeur de Valcourt affirme avoir vendues à ce jour, elle repose aussi sur l’attachement intense des propriétaires pour leur engin. Ils – et elles, car la moitié de la clientèle est féminine, par rapport à 15 % dans la moto traditionnelle – adorent leur Spyder, rien de moins. Pour BRP, toutefois, ce succès n’est pas suffisant.

Un prix coupé en deux

Bien que ces 10 années à vendre des Spyder aient permis de prouver l’attrait du concept, elles ont aussi clairement mis au jour le maillon faible de la gamme de produits Can-Am : un prix trop élevé pour la masse. Abaisser le prix jusqu’à un niveau invitant représente la priorité du nouveau Ryker. Et celui-ci y arrive haut la main, puisqu’il est offert à partir de 10 499 $. Pour mettre le chiffre en perspective, le coût d’un Spyder oscille entre 20 000 $ et 35 000 $ en 2019. La grande question, c’est de savoir ce qu’il reste pour deux et trois fois moins cher. La réponse : plus qu’on ne le craindrait.

Une agréable surprise

En examinant le Ryker, et ce, même dans sa version de base à moteur bicylindre de 600 cc produisant 47 chevaux (il faut payer 2000 $ de plus pour le trois-cylindres de 900 cc produisant 77 chevaux), on découvre un produit étonnamment attrayant. Le style est jeune, avec un look qui évoque la science-fiction, et rien ne fait bon marché. Au contraire, on constate plusieurs caractéristiques haut de gamme, comme un massif bras oscillant monobranche, un entraînement final par arbre, des roues fixées par un exotique boulon unique géant, une ergonomie ajustable et une transmission automatique de type CVT. Seul le siège arrière permettant d’accueillir un passager manque à l’appel. En option, ce siège de plus coûte 700 $.

Du facile et du fonctionnel

Il est difficile de trouver plus facile à conduire qu’un Ryker dans le monde des sports motorisés. On tourne un accélérateur comme sur une moto pour avancer et on presse une pédale pour arrêter, le tout sous la surveillance d’un ensemble d’assistances électroniques (VSS) comprenant contrôle de stabilité, ABS et antipatinage. Ce dernier laisse une place décente à l’amusement, puisque le 900 quitte un arrêt en faisant crier son pneu arrière ; et le 600 laisse facilement la circulation automobile derrière. La transmission automatique CVT amène des régimes moteurs inhabituels, mais elle fonctionne sans faute. Et la direction non assistée s’avère précise et très directe, à la façon de celle d’un go-kart.

Pas un Spyder

Le prix attrayant du Ryker permet donc d’acquérir une machine accomplissant généralement le même travail qu’un Spyder. Il n’offre toutefois pas exactement la même expérience. Les différences rappellent celles entre des voitures de 15 000 $ et 40 000 $. Par exemple, le confort exceptionnel des Spyder n’est pas là. On pourrait dire qu’un Ryker est à peu près aussi confortable qu’une moto de classe routière sportive, ce qui est quand même correct. L’équipement à profusion des Spyder est également absent – tout est au mieux optionnel. Finalement, l’impression de raffinement mécanique ressentie sur les Spyder est remplacée par des sensations un peu plus crues sur les Ryker, bien que pas désagréables pour autant.

Des différences claires

La conduite d’un Ryker est très semblable à celle d’un Spyder, puisqu’on les chevauche tous deux comme une moto et que chacun tourne sans pencher. Mais ce qu’offrent l’un et l’autre demeure clairement différent. Pour la clientèle plus jeune ou moins riche à qui elle s’adresse, la nouveauté propose une expérience à trois roues plus joueuse et moins mature. On conduit le Ryker en étant assis plus près du sol, en ressentant tout de façon plus directe, tout en étant assisté par un VSS étonnamment permissif, et en particulier sur la version Rally (13 999 $) calibrée et équipée pour rouler – et déraper ! – sur des surfaces non asphaltées.

Conclusion

Le Ryker a comme but de rendre un trois-roues Can-Am plus accessible, tant pour le portefeuille que du point de vue de la conduite. Non seulement la nouveauté atteint ce but, mais elle le fait aussi très honnêtement, et ce, même en ce qui concerne la version la moins chère, qui fonctionne tout à fait correctement. Le produit atteint donc ses objectifs. Il ne reste maintenant qu’à attendre et voir si cette fameuse masse – la même que l’industrie de la moto tout entière essaie sans succès véritable de séduire depuis la crise financière – mordra à l’hameçon.

Bertrand Gahel est l’auteur du Guide de la moto

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