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Composites BHS: «Nos parents ont fait le plus difficile»

À l’image d’Obélix, elles sont tombées dedans dès la tendre enfance. Plongées dans l’entrepreneuriat sans trop qu’elles s’en rendent compte. Au fil des discussions familiales animées par leurs parents, Lena Swennen et Jacques Hainse, le transfert de connaissance était déjà amorcé pour les soeurs Rosalie et Charlène.

Jacques Hainse et Lena Swennen ont entamé le processus de transfert de leur entreprise, Composites BHS. Leurs filles, Charlène et Rosalie, prendront la relève de façon autonome d’ici 5 à 10 ans.

SPECTRE MÉDIA : FRÉDÉRIC CÔTÉ

«J’ai grandi sur une ferme, une entreprise que mes parents géraient de façon ouverte. Les enjeux étaient discutés à la table de cuisine et tous les enfants étaient au courant de ce qui se passait. J’ai adopté la même approche avec mes filles, car je trouvais que cela m’avait apporté beaucoup. Autant sur le plan des connaissances que de la confiance», raconte la mère de famille et présidente de Composites BHS, Lena Swennen.

La femme d’affaires et son mari, qui ont fondé l’entreprise spécialisée en fabrication de pièces en matériaux composites en 1994, prévoient prendre leur retraite dans 5 à 10 ans. Leurs deux filles se préparent à prendre la relève. Une option qui plane depuis toujours, mais une décision somme toute récente.

«Nos parents nous ont toujours fait comprendre qu’il y avait une ouverture à ce qu’on reprenne l’entreprise, mais sans nous pousser l’idée dans la gorge. Le choix de sauter dans l’aventure s’est concrétisé à la fin de nos études», note Rosalie, 26 ans, qui travaille à temps plein dans l’entreprise depuis qu’elle a obtenu son baccalauréat en communication et marketing en 2015. Sa soeur Charlène, 25 ans, a formellement rejoint l’équipe après avoir empoché son baccalauréat en génie mécanique en 2016.

«Sans aller dans les détails et dans le respect des employés et des partenaires d’affaires, souvent Jacques et moi leur demandions ce qu’elles feraient dans telle situation ou devant telle problématique. Et souvent, elles avaient de très bonnes réponses. C’est surprenant comment les enfants ont des solutions à toutes sortes de problèmes» ajoute Mme Swennen qui assure le développement de nouveaux marchés pendant que son conjoint, ingénieur industriel, assure la qualité des produits.

Dès leur jeune âge, les deux soeurs ont été impliquées dans l’entreprise. À 12 et 13 ans, elles venaient faire du ménage la fin de semaine. «On a aussi fait de la fabrication en sous-traitance dans le sous-sol de la maison. On avait même dû travailler de nuit pendant une fin de semaine, car on n’arrivait pas dans nos échéanciers. On a compris la procédure. La pesée, la mesure, le moulage et le démoulage», se souvient en riant Charlène.

«Ça ressemble beaucoup à de l’art plastique ce qu’on fait. Et ça leur permettait de faire quelques sous», enchaîne la présidente.

Cette volonté des enfants de prendre la relève est perçue comme un cadeau par les parents. «Ça me donne une nouvelle énergie et me donne encore plus envie de progresser», souligne Mme Swennen qui avait, avec son partenaire de vie et d’affaires, hypothéqué la maison familiale pour financer le démarrage de l’entreprise. Une entreprise qui a aujourd’hui un chiffre d’affaires annuel se situant entre 5 et 10 M$.

Les propriétaires de l’entreprise sont présentement dans le transfert de connaissance. Le transfert de l’actionnariat en est au stade de planification.

Le fait que ce soit les enfants qui prennent la relève comporte des avantages et des désavantages. Les parents ne seront pas loin si leur descendance a besoin de conseils. «Aussi, le choc peut être moindre pour les employés, car il y a une continuité dans la philosophie», mentionne Mme Swennen ajoutant que l’avantage de vendre à un étranger permet, à l’opposé, de couper le cordon plus rapidement.

Et comment les enfants voient l’avenir? «Je crois que mes parents ont fait le plus difficile. Créer une entreprise et la faire croître pendant 23 ans, c’est le plus gros morceau. Nous, on a le beau rôle de mener leur vision plus loin et de l’embellir, espérons-le, avec notre petite touche personnelle», conclut Rosalie, ajoutant que l’entreprise n’est pas un projet personnel pour sa soeur et elle, mais bien un projet collectif qui continuera de croître grâce au soutien de l’équipe de direction en place.

Fiche

Nom de l’entreprise : Composites BHS

Date de naissance : 1994

Secteur d’activité : conception, développement et fabrication de pièces en matériaux composites pour le transport, l’aéronautique, les infrastructures et l’énergie

Nombre d’employés : Entre 50 et 60, selon les contrats

Propriétaires cédant : Lena Swennen et Jacques Hainse

Repreneurs : Rosalie  et Charlène hainse

source: La Tribune- Mélanie Noël 

À propos Bianca Battistini

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