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Le marché de l’emploi ralentira ces prochains mois, selon Ottawa

Pour ajouter du poids à leur conclusion, les fonctionnaires du ministère des Finances indiquent que le marché canadien affiche une perte de 72 600 emplois au terme des deux premiers mois de l’année 2018. Un revirement de situation après une année 2017 marquée par la création de 425 000 emplois, dont 92 % de postes à temps plein.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

ANDY BLATCHFORD

Une analyse interne du gouvernement fédéral prévoit un ralentissement du marché de l’emploi au Canada au cours des prochains mois, alors que le pays vient de connaître une longue période de croissance. Un virage économique qui devrait s’opérer au moment même où les partis politiques préparent leurs stratégies préélectorales en vue de la campagne de 2019.

Ce rapport, rédigé le printemps dernier à l’attention du ministre des Finances, Bill Morneau, prévoit une chute de la création d’emploi à l’approche de la fin du présent mandat du gouvernement libéral et cite plusieurs raisons pour appuyer cette prédiction.

Parmi les justifications, on souligne que l’économie roule déjà à plein régime, que le taux de chômage a fort probablement atteint son plancher, alors qu’il se trouve au plus bas en près de quatre décennies, et que le vieillissement de la population souffle comme un « puissant vent de face ».

Pour ajouter du poids à leur conclusion, les fonctionnaires du ministère des Finances indiquent que le marché affiche une perte de 72 600 emplois au terme des deux premiers mois de l’année 2018. Un revirement de situation après une année 2017 marquée par la création de 425 000 emplois, dont 92 % de postes à temps plein.

Le ralentissement observé en début d’année vient mettre fin à une période de 17 mois consécutifs de croissance de l’emploi. Il s’agit de la plus longue séquence de croissance ininterrompue depuis plus de 15 ans.

Un tournant

D’après les auteurs de l’analyse économique, la chute de ce début d’année devrait constituer un tournant.

« Bien que les données sur l’emploi soient très volatiles sur une base mensuelle, ces chiffres laissent croire que la croissance de l’emploi ralentit », peut-on lire dans la note d’information datée d’avril, obtenue par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

« Notre opinion est que la tendance va probablement se poursuivre, en tenant compte d’une combinaison de facteurs cycliques et démographiques », est-il écrit.

Que les critiques soient justifiées ou non, le gouvernement libéral fédéral peut s’attendre à ce que ses adversaires politiques sautent sur les prochains chiffres de l’emploi pour bonifier leurs attaques à l’approche des élections prévues l’an prochain.

L’économie demeure toujours un champ de bataille politique majeur, et les conservateurs croient y détenir un avantage.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, a d’ailleurs déjà accusé le gouvernement Trudeau d’avoir « gaspillé » une économie florissante dont les libéraux ont hérité de son parti, selon lui.

De l’autre côté, les libéraux ont régulièrement tenté de s’octroyer le mérite de la période économique favorable qu’a connue le pays.

Toutefois, de nombreux experts soutiennent que la tendance de l’économie canadienne, positive ou négative, relève davantage de facteurs extérieurs, tels que le prix du pétrole, la demande américaine et la croissance mondiale.

Depuis les deux premiers mois de 2018, le marché de l’emploi a semblé se ressaisir légèrement. En date de juin, les pertes d’emploi totales nettes s’élèvent à 17 100 postes en 2018, selon les données les plus récentes de Statistique Canada.

La Banque du Canada a, elle aussi, prévu un ralentissement de la croissance de l’emploi.

source: La presse 

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